La consommation à l’heure du Covid-19 : Quels constats, quels enseignements ?

La crise du Covid-19 que nous traversons depuis plusieurs semaines est révélatrice de comportements alimentaires qui ont bousculé ou confirmé les tendances observées avant la crise.

Entre la découverte ou redécouverte de la cuisine, de la pâtisserie ou encore du pain fait maison, les Français ont rempli leurs placards dès le début du confinement et se sont concentrés sur des achats essentiels. La demande a été tellement soutenue que certains produits ont été en forte tension, voire en rupture d’approvisionnement ponctuelle dans les rayons des supermarchés. Les pâtes alimentaires, le riz et la farine en sachet ont probablement été les produits céréaliers les plus plébiscités pendant cette période, même si la consommation de pain de mie et de biscuits a, elle aussi, été très soutenue.

La consommation de bière à domicile a enregistré une certaine augmentation, sans pour autant compenser la chute de la consommation hors foyer complètement sinistrée en raison de l’arrêt total des événements festifs et de la fermeture des bars et restaurants. Confinés, les Français achètent moins de pain, surtout s’ils ont découvert les plaisirs de la fabrication du pain maison, conduisant ainsi à une baisse très importante des ventes en boulangerie (de 30 à 50 % de chute du CA).

Au-delà de la nécessité, c’est-à-dire de se nourrir, les Français ont donné plus de sens à leurs achats. Le sentiment d’insécurité « Covid-19 » a renforcé le besoin de produits bons pour la santé, sains (34 % des Français ont mangé plus sain)*, locaux (20% des Français ont choisi de remplir leurs placards de produits locaux, avec l’objectif de soutenir l’agriculture)*, bio (croissance de 32 % entre le 24 février et le 12 avril)*…  

Parallèlement, dans leurs pratiques d’achat les Français ont privilégié, parfois contraints, les commerces de proximité et les ventes en ligne. Le e-commerce alimentaire a particulièrement bénéficié du confinement des Français. Si cette tendance était déjà observée depuis quelques années, la progression était lente dans l’alimentaire. En quelques semaines le e-commerce s’est imposé auprès de tous les consommateurs et s’est largement étendue aux seniors.

Et demain ? Que restera-t-il des pratiques adoptées ou imposées depuis près de deux mois ?

Plusieurs instituts ont sondé les consommateurs pour comprendre leurs changements de comportements d’achats et voir s’ils perdureront après la fin du confinement. Plus de produits locaux, recours au drive… 54 % des Français disent vouloir garder les nouvelles habitudes*. Près d’un quart disent vouloir continuer de fréquenter les petits commerçants, 1 sur 5 souhaitent privilégier l’achat de produits locaux.  Pour autant, la baisse probable du pouvoir d’achat devrait influencer les pratiques d’achats et de consommation : 29% des Français anticipent une baisse de leur pouvoir d’achat dans les prochaines semaines*.

Donc selon les experts de la consommation, la demande de produits locaux pourrait rester élevée. Le fait maison et le e-commerce pourraient s’installer dans la durée.  Quelques tendances de fond observées depuis quelques années et amplifiées par la crise Covid19 pourraient aussi se confirmer : déconsommation, quête du naturel, préoccupation environnementale et responsable…

Mais quelles que soient les hypothèses avancées, elles sont toutes à considérer avec prudence car nous savons que les comportements d’achats sont soumis à de nombreuses variables. Sans compter que toutes les hypothèses sont aussi conditionnées au retour à la sécurité sanitaire des Français et donc à la découverte de la solution pour endiguer le Covid-19.

*Sources Ipsos-Kantar-Iri

Pour en savoir plus : contacter Valérie MOUSQUES-CAMI – vmousques-cami@intercereales.com