La filière céréalière au temps du Covid-19

Paris, le 6 mai 2020


Mesdames, Messieurs, Présidents et Directeurs,
Mesdames, Messieurs, Membres de la filière,


Alors qu’une crise sanitaire sans précédent confine les Français chez eux depuis 2 mois, la filière céréalière relève les défis et n’a de cesse de tout mettre en oeuvre pour fournir, à tous, les céréales et aliments céréaliers dont nous avons besoin au quotidien.

Chaque soir à 20h, nous sortons à nos fenêtres et nos balcons applaudissons les soignants mobilisés.

Je souhaite ici remercier toutes les femmes et les hommes de nos filières céréalières.


Une filière céréalière solidaire et agile

La réactivité et la faculté de la filière à trouver des solutions sont formidables depuis le début de la crise. Regardons ensemble ce qui a été fait ces deux derniers mois. En dépit des contraintes et, tout en respectant toujours scrupuleusement les mesures sanitaires, nous sommes venus travailler tous les jours. Nos marchandises ont circulé à travers la France, grâce aux professionnels des chaînes logistiques, transports routier, ferroviaire, fluvial et maritime.

Certes, tout n’est pas parfait et cette fierté ne doit pas occulter les réelles difficultés auxquelles certains d’entre-nous sont confrontées, notamment les meuniers, les malteurs, les boulangers ou encore les brasseurs. Nous restons en contact étroit avec les pouvoirs publics et toutes les parties prenantes. Bien que nous ayons démontré notre résilience, nous ne sortirons pas indemnes de cette crise et aurons besoin de soutien.

Conscients de notre rôle et de notre responsabilité, nous, les 14 organisations de producteurs, collecteurs, exportateurs et transformateurs de la filière céréalière, nous sommes plus que jamais mobilisés pour maintenir la chaîne agricole et alimentaire, du champ au consommateur. Notre engagement indéfectible : nourrir les français, la France et approvisionner de nombreux pays, notamment ceux d’Afrique, où la sécurité alimentaire reste une question critique.

J’ai envie de vous citer trois exemples parmi tant d’autres :

  • Les transporteurs : L’accueil des chauffeurs routiers est devenu une des priorités de nos entreprises afin de pallier aux fermetures des aires d’autoroutes et des bistrots/restaurants.

  • Les meuniers : Face à l’explosion de la demande de farine en sachets, les magasins ont été confrontés à des ruptures d’approvisionnement. Les meuniers, qui ont dû faire face à une problématique de mise en sachet, se sont néanmoins rapidement organisés pour répondre au mieux à la demande : renforcement des équipes, resserrement des gammes, modification des packagings pour commercialiser des quantités plus adaptées au consommateur.

  • L’export : la filière céréalière française est capable d’honorer ses contrats même dans des situations de crise comme celle que nous vivons actuellement. Les stocks nous permettent de servir les marchés domestiques comme internationaux.

En un mot, merci !

Je remercie avant tout, l’ensemble des femmes et des hommes de la filière céréalière qui se sont mobilisés jours après jours dans cette crise inédite.

Je remercie les élus et responsables de nos organisations qui se sont virtuellement réunis plusieurs fois par semaine depuis le début de la crise, pour trouver des solutions ensemble, dépasser les craintes et les enjeux individuels et ainsi porter l’intérêt du collectif. Ils ont fait preuve d’une grande solidarité.

Agriculteurs, meuniers, collecteurs, fabricants d’aliments pour animaux, semouliers, malteurs, amidonniers… si l’un est en difficulté, c’est toute la filière qui souffre.

Le « faire filière », qui nous est si cher, n’a jamais été aussi vrai que pendant cette crise.
Mais seuls, nous n’aurions pas réussi à franchir autant d’obstacles.

Au nom de toute la filière, j’adresse un immense merci à tous nos partenaires et notamment les transporteurs (SNCF, VNF, TLF et FNTR) et les pouvoirs publics (cabinets ministériels et administrations) qui ont écouté nos besoins et avec lesquels nous avons pu trouver des solutions pour continuer à acheminer efficacement les céréales brutes et transformées. Maillons indispensables de cette chaîne alimentaire, ils ont eux aussi répondu à l’appel.

Pour conclure, cette situation sans précédent met en lumière un point essentiel : la chance que nous avons de bénéficier d’un maillage et d’une organisation agricole et logistique aussi forts, dans tous les territoires.

Et c’est d’autant plus vrai pour la production française de céréales.

Avec l’ensemble des acteurs, nous sommes déjà en train de réfléchir à l’après et aux leçons que nous devons tirer de cette crise. J’espère sincèrement que l’engagement indéfectible de la filière céréalière pendant cette crise ne sera pas oubliée et que ces professionnels de l’ombre seront valorisés comme il se doit.

A tous, donc merci.

Je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, Présidents et Directeurs, Membres de la filière, mes salutations les meilleures.

Jean-François LOISEAU
Président d’Intercéréales